Ce feuilleton simple et polémique, s’inspire du quotidien des femmes sénégalaises. Très regardé en Afrique dès sa sortie, elle a en même temps des vertus croquantes dans une société fortement religieuse.

La série met en scène le quotidien de cinq femmes dans la société sénégalaise actuelle. Marème Dial, une jeune sénégalaise entretient une liaison avec Cheikh, un homme marié à Lalla Ndiaye, archétype de l’épouse traditionnelle et devient la co-épouse de Cheikh. Djalika Sagna est une femme active devant faire face à la violence de Birame, son mari alcoolique. Dior Diop a été victime d’un mariage forcé. Enfin, Racky Sow est-elle hantée un viol subi dans son enfance…

Lalla Ndiaye, la ménagère dont le mari a une liaison avec Marème Dial est à l’objet de toutes les polémiques. Son franc-parler comme ses rapports hors mariage, assumés, détonnent dans le paysage télévisuel sénégalais et divisent le pays. Dans cette histoire, il y a les fans de alla, touchés par son histoire ou partisans de la monogamie, et les anti-Marème, qui défendent la grande séductrice et, pour certains, la polygamie, puisqu’elle devient par la suite la co-épouse de Lalla.

Depuis sa sortie, le conseil national de Régulation de l’Audiovisuel a été saisi par l’ONG islamique Jamra, pour cause de diffusion d’image perverses, obscènes met en demeure la seconde chaîne nationale 2STV « de veiller à ce que les propos, comportements et images jugés indécents, obscènes ou injurieux ou susceptibles de nuire à la préservation des identités culturelles sénégalaises ».

Même si cette série démontre ses preuves à travers son succès, elle se révèle aux yeux des sages comme une série qui s’inscrit à l’encontre des traditions religieuses du Sénégal.  L’interdiction de sa diffusion était massivement saluée par les religieux et les traditionnalistes qui estiment que les réalités occidentales ne sont pas des choses qu’on peut reproduire dans les sociétés africaines très attachées aux mœurs africaines.

Adultère, polygamie, dépression, sexualité,… le contenu de la série a ainsi provoqué de vives réactions dès la diffusion de son premier épisode. C’est ainsi, que Mame Mactar Gueye, vice-président de l’ONG islamique Jamra, je cite : qualifie la série d’être non-conforme aux réalités socio-éducatives du pays et qu’elle accumule : « pornographie verbale, dérives langagières, obscénité, promotion de l’adultère et apologie de la fornication ». Tout un programme !

« Alors que les Sénégalais se passionnent pour les novelas sud-américaines et regardent aisément des productions occidentales comprenant des scènes d’amour plus explicites, Marème ébranle et effraie une partie de la société qui assiste, impuissante, à l’évolution de ses valeurs traditionnelles heurtées de plein fouet par la mondialisation. Mais si le débat se cristallise sur Marème Dial et si la série a été médiatisée pour cette raison, « Maîtresse d’un homme marié » a aussi trouvé son public en valorisant les sociétés africaines à travers les tenues de créateurs locaux, les actrices aux cheveux crépus et les scripts en wolof ».

Mamadou Saidou Barry

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